‘Paris, capitale du tiers-monde’ avec Ho Chi Minh, documentaire disponible jusqu’au 27/9/2020 en replay

La case du siècle – Paris, capitale du tiers-monde

Documentaire réalisé par Juliette Senik (2020)  – Durée 52 minutes.

diffusé sur France 5 le dim. 20.09.2020 à 22h35

disponible en replay jusqu’au dim. 27.09.2020 via le lien

https://www.france.tv/france-5/la-case-du-siecle/1947655-paris-capitale-du-tiers-monde.html

Extrait : Durant l’entre-deux guerres, Paris accueille une vague d’émigration sans précédent. Au milieu des intellectuels et des artistes du monde entier, les pionniers de l’émancipation des empires coloniaux vont se réveiller et agir.

Trois hommes vont être particulièrement surveillés par un service de renseignement « des indigènes », le CAI.

Il s’agit de Messali Hadj, un simple ouvrier qui va devenir le porte-parole des Algériens de France et un acteur clef du nationalisme algérien,

du jeune Hô Chi Minh, qui participera à la fondation du parti communiste français et de l’Union inter-coloniale avant de s’envoler pour Moscou,

et enfin de Lamine Senghor, tirailleur sénégalais et grand blessé de guerre qui va fonder la Ligue de la Défense de la Race Nègre.

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Article publié le 20/09/2020 dans Telerama https://www.telerama.fr/television/paris-capitale-du-tiers-monde-sur-france-5-quand-la-capitale-servait-de-qg-a-lanticolonialisme-6691404.php :

“Paris, capitale du tiers-monde” sur France 5 : quand la capitale servait de QG à l’anticolonialisme

Cécile Marchand Ménard

Dans l’entre-deux-guerres, Paris devient l’épicentre du combat anti-impérialiste. Ses plus grandes figures s’y rencontrent, y forgeant leur conscience politique, aiguisant leurs revendications. Un pan méconnu de l’histoire que ce riche documentaire, diffusé ce dimanche, nous conte.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, Paris devient le cœur de la contestation anticoloniale. Ho Chi Minh le Vietnamien, Messali Hadj l’Algérien, Lamine Senghor le Sénégalais… Les plus grandes figures anti-impérialistes se rencontrent dans la capitale, au fil des Années folles. Des réunions au Quartier latin aux bals de Saint-Denis, elles forgent leur conscience politique et posent les premières briques de ce qui deviendra, quelques années plus tard, le tiers-monde.

Dans un documentaire passionnant, diffusé ce dimanche 20 septembre sur France 5, Juliette Senik met en lumière le Paris des invisibles. La réalisatrice convoque une panoplie d’images d’archives et l’expertise d’historiens. Conseiller sur le documentaire, Michael Goebel est l’un d’entre eux. Dans le livre éponyme, il s’attache à décrire les interactions pré-tiers-mondistes dans les milieux immigrés de la Ville lumière. Rappelant que, dans la cité cosmopolite, quelques endroits furent décisifs pour l’émergence de la lutte anticoloniale.

Le Quartier latin : étudiant et cosmopolite

Dans les années 1920, le Quartier latin constitue le point de rencontre d’étudiants en provenance des colonies britanniques, d’Amérique latine ou d’Indochine française. La Salle des sociétés savantes du 8, rue Danton et la Maison de la Mutualité accueillent régulièrement les réunions de militants et d’intellectuels. « Nombre d’endroits, que l’on retrouve dans Paris, capitale du tiers-monde, sont loués et mis à disposition par les forces de gauche françaises. Le Parti communiste français, la Ligue des droits de l’homme et, plus rarement, les socialistes mettent en place ces plateformes pour que les groupes anticoloniaux se rencontrent », explique Michael Goebel.

Si le 19e et le 20e arrondissements accueillent également une population immigrée, dans l’entre-deux-guerres, l’intellectualisme qui règne autour de la Sorbonne rend le Quartier latin unique en son genre. Ho Chi Minh, autodidacte, passe ainsi des journées entières à la bibliothèque Sainte-Geneviève. « C’était un lecteur hors pair et il était extrêmement curieux », rappelle Michael Goebel.

 

Tiemoko Garan Kouyaté et les bals de Saint-Denis

« Beaucoup d’immigrés en provenance d’Afrique de l’Ouest et des Antilles travaillent, dans les années 1920, dans le secteur du divertissement, en particulier dans le 9e arrondissement, Montmartre et Pigalle », détaille Michael Goebel. Parmi eux, Tiemoko Garan Kouyaté, né au Mali – alors Soudan français –, officie au Casino de Paris. Riche de cette expérience, le militant initie, dans les années 1930, des bals populaires à Saint-Denis. « Kouyaté invite notamment Joséphine Baker sur cette scène, explique Michael Goebel. Le public français est friand de ces lieux de rencontres et ces clubs de danse où la culture africaine, exotique selon lui, est représentée. » Douce ironie, l’argent récolté par Kouyaté permet ensuite de financer des organisations anticoloniales.

Rue Oudinot : le service d’espionnage du ministère des colonies

Au 27, rue Oudinot, dans le 7e arrondissement de Paris, à deux pas des Invalides, se trouve jusqu’en 1946 le ministère des Colonies. Dans l’entre-deux-guerres, il abrite le CAI, service de contrôle et d’assistance en France des indigènes des colonies, une agence d’espionnage des immigrés des colonies dans la métropole. « Il était commun que les sujets coloniaux et les groupes politiques soient espionnés par des agents infiltrés », explique Michael Goebel.

Dans Paris, capitale du tiers-monde, Juliette Senik revient notamment sur la traque d’un certain Nguyễn Ái Quốc, nom d’emprunt de Ho Chi Minh. « Le CAI recrutait des Vietnamiens ou des immigrés d’Afrique de l’Ouest. En échange, le service leur offrait de l’argent ou la nationalité française », précise Michael Goebel.

À voir TT (avis de Telerama)

 Paris, capitale du tiers-monde, dimanche 20 septembre, 22h35, France 5.

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